Bilan du Colloque « L’invitation à la beauté »

Le sens du colloque « L’invitation à la beauté »

Qu’est-ce que la beauté ? La beauté ne se réduit pas à la notion d’esthétique. William Shakespeare dans sa pièce Macbeth (acte 1 scène 1) écrit « … Le beau est affreux et l’af­freux est beau ». La rencontre avec la beauté pourrait se percevoir comme la révélation de la justesse humaine créant une harmonie singulière entre le soma et la psyché. Face aux effets cathartiques de la rencontre avec la beauté grâce à l’empathie esthétique (« le res­senti de l’intérieur » Pierre Lemarquis), notre association « L’invitation à la beauté » a organisé ce colloque. Par la mise en conversation entre chercheurs et artistes de différents horizons, l’association vous a invité à réfléchir ensemble sur cet axe de recherche :

De quelle manière la rencontre avec la beauté, distillée entre autres par la culture, aide-t-elle à prendre soin de chacun (fonction préventive) et de ceux fragilisés par une souffrance somatique et/ou psychique causée par des désordres familiaux, sociaux, culturels, médi­caux, économiques (fonction curative) ?

Le colloque “L’invitation à la beauté” a connu un réel succès car le temps de ces rencontres a reflété un désir profond actuel de remettre la beauté au cœur de notre existence humaine. Ces trois (3) journées de colloque ont dépassé toutes nos espérances et nous ont convaincu du fait que ces temps de rencontres sérieuses, chaleureuses inoubliables ouvrent un bel avenir aux soins par la beauté sous toutes ses formes. Se soucier de ces questions à l’issue de ce colloque nous a permis ensemble d’étayer notre démarche éthique, en tant que personne afin de mieux être et d’améliorer le monde avec les autres.

Ces journées ont non seulement été un grand succès de fréquentation avec un public ouvert d’esprit mais aussi ont créé des rencontres avec la beauté. Près de 700 personnes ont été touchés par les manifestations de ces trois jours sur la belle ville de Saint-Genis-Laval qui nous a chaleureusement accueilli et soutenu. Le public rassemblait des chercheurs de différents domaines de recherche – Médecine, Sciences humaines et sociales – des soignants dans le milieu hospitalier, des psychologues, psychiatres et pédopsychiatres, des acteurs sociaux, des enseignants, des artistes ainsi que des étudiants de différents pôles facultaires de la ville de Saint-Genis-Laval en particulier, du Grand Lyon, de la France et de l’étranger. Elles ont permis de s’adresser à des publics diversifiés, complémentaires et de poser le socle du développement du projet de notre association.

Durant ces différents temps, nous avons reçu des messages splendides, soulignant les connaissances nouvelles et prometteuses sur le plan scientifique et artistique initiées par notre association. Depuis les mises en conversation de chercheurs et d’artistes prestigieux de notre comité scientifique et artistique, de nouvelles idées de recherche appliquée naissent et se développent.

Ces journées se sont déclinées en quatre lieux de vie dans les villes d’Oullins et de Saint-Genis-Laval : La Faculté de médecine et de maïeutique de Lyon Sud, l’hôpital de Lyon Sud, la médiathèque B612 et le théâtre de la Mouche.

La journée de recherche sur « L’invitation à la beauté dans la pratique du soin », passionnante

Elle s’est tenue au cœur de la Faculté de médecine et de maïeutique de Lyon Sud.

Cette journée fut possible grâce à Madame Burillon, doyen remarquable dans l’ouverture des perspectives soignantes et à la mise en conversation entre scientifiques, artistes et acteurs économiques et sociaux de la santé et du soin.   Au total, sept (7) mises en conversation entre scientifiques et artistes ont meublé cette journée de recherche    autour de thématiques intéressantes entre   science et art pour comprendre la beauté et ses effets préventifs et cathartiques sur la santé humaine.

Nous avons clôturé la journée de recherche de manière savoureuse avec les massages sonores concoctés et offerts par Pierre Bassery aux conférenciers et au public. Nous nous sommes quittés, accompagnés par une lumineuse exposition « l’œil écoute » de Pénélope Octavio.

Ces invitations ont permis de continuer à élaborer ensemble différents fils de pensée afin de trouver des interstices de possibles en tant que soignants, enseignants, éducateurs, artistes, étudiants. Ainsi nous avons souligné ensemble les effets soignants de la rencontre avec la beauté au niveau collectif et singulier.

La journée de soins « L’art à l’hôpital », émouvante


Cette journée s’est organisée à l’hôpital Lyon-sud pour l’ouverture d’une artothèque mise en conversation avec une poéthèque au service des patients.

Nous leur proposons d’accrocher un tableau dans leur chambre d’hôpital avec un poème s’ils le souhaitent, choisi en fonction de leur empathique.

En collaboration avec les artistes Big Ben, Pénélope Octavio et Eric Chevillard pour l’arthotèque, et Laure Mayoud pour la poéthèque (les prescriptions poétiques), une recherche appliquée commence dans le service de médecine interne du Docteur Isabelle Durieu.

C’est en partenariat avec notre association et plus particulièrement avec Pierre Lemarquis (neurologue) et Laure Mayoud (psychologue) que ce projet prend forme dans une perspective de recherche autour des effets antalgiques et sédatifs de la contemplation de la beauté des œuvres d’art et des poèmes.


La journée artistique et culturelle « La beauté ouvre le monde », festive


Cette journée s’est déroulée autour d’un concert  » Au son du cœur » dans la chapelle de l’hôpital Lyon Sud avec la chef d’orchestre, grande dame humaniste, Nicole Corti.

Il y a eu ensuite la sublime performance artistique « Éclat d’un murmure » d’une fresque par le street artist Big Ben en résonance avec les massages sonores de Pierre Bassery à la médiathèque B612 de Saint-Genis-Laval, la restitution des ateliers de poésie orchestrée par l’équipe de la médiathèque, créée par Laure Mayoud, réalisée avec Mohammed El Amaraoui, Jacqueline Ama Essiomley et Emmanuel Mendy puis le magnifique concert du collectif « Artistes sans frontière ».

Ces temps de rencontre avec la beauté artistique dans sa force d’attraction humaine ont permis au public présent de divers horizons, de différents âges et de différentes cultures de partager ensemble ces instants. C’est ainsi que la rencontre avec la beauté soigne le lien social et ouvre le monde.

La grande compagnie flamande les tg STAN annoncée dans notre programme était présente au théâtre de La Mouche pour leur pièce « La Cerisaie » de Tchekhov a connu un réel succès avec une jauge complète sur les deux jours (12 et 13 janvier 2019). A l’issue du spectacle du dimanche 13 janvier, la compagnie a organisé avec notre association, une conférence sur « le sens de la beauté » et sa place essentielle dans nos existences pour A. Tchekhov.

Nous avons clôturé ces trois jours de la contemplation de la beauté grâce au bouquet final offert par le trio jazz fantastique composé de Josselin Hazard à la batterie, Gaspard Baradel au saxophone et Antoine Bacherot au piano.

Des retours élogieux

A l’issue de ce colloque, les témoignages du public et des conférenciers ont été très encourageants dans la mesure où ces rencontres empathiques et sérieuses leur ont donné une envie plus profonde de continuer ensemble à s’intéresser de plus près à la place de la beauté dans nos réalités. Ces journées ont été l’occasion d’asseoir nos axes de recherche fondamentale et appliquée et de convaincre le monde médical, culturel, et social que la beauté a une place fondamentale dans nos vies. Les invités par leurs recherches et leurs pratiques professionnelles, ont transmis à un public diversifié, complémentaire, désireux de redonner son sens juste à la beauté, ses vertus cathartiques dans ses différentes formes d’existence.

Des belles perspectives 

Par ces rencontres, de belles invitations se créent aujourd’hui. Prochainement, les actes de colloque de la journée de recherche vont être publiés dans une collection « Sciences, histoire et philosophie » chez VRIN à Paris. De même, nous participons avec des chercheurs et artistes de notre comité scientifique et artistique à l’évènement mondial « Dialogues en humanité » porté en particulier par la Métropole de Lyon les 5, 6 et 7 juillet 2019.

Tous ces temps de recherche vont se développer durant l’année et nous vous restituerons les avancées scientifiques et artistiques lors du prochain colloque qui aura lieu le vendredi 3 et le samedi 4 avril 2020 à nouveau dans la Faculté de médecine et de maïeutique de Lyon Sud grâce à la générosité et la disponibilité de Madame Carole Burillon, Doyen et Professeur, de Monsieur Karim M’Barek, directeur administratif et de toute leur équipe.

 Finalement, ces rencontres humaines sont une grande réussite et témoignent du désir profond des personnes avec lesquelles nous avons conversé, de continuer à créer ces événements et de prendre conscience de l’importance de soigner les maux par la beauté avec comme ingrédient essentiel, l’empathie esthétique dont parle si clairement notre cher président Pierre Lemarquis (cf ses livres chez O Jacob et l’émission LSD sur france culture « la beauté qui soigne »). En mars, il est paru dans la revue trimestrielle « Le cercle psy », un article « Et si la culture soignait ? » écrit par Pascale SENK sur le travail de Laure Mayoud avec les prescriptions culturelles.

L’année dernière, nous avons émis le vœu d’organiser ce colloque sur trois jours afin de travailler dans les champs sanitaire et social essentiellement sur le territoire de la ville de St-Genis-Laval. Par ce déplacement réussi, nous avons pris conscience du rôle primordial que joue la beauté dans nos existences. Elle doit se déplacer et même s’enraciner dans des endroits où nous ne l’attendons pas. Comme l’affirme Jacques Dérrida, « Il faut que l’engagement naisse dans la rue et dans les textes » pour les personnes au bord de notre monde. Ainsi ces temps de rencontre se retrouvent dans cette splendide citation :

« Une théorie présente un avantage important si ses concepts de base et ses hypothèses fondamentales se rapprochent de l’expérience » Albert Einstein

Pierre Lemarquis, Neurologue, neurophysiologiste, neuropharmacologie, membre de la Société française de neurologie, membre de la Société de neurophysiologie de langue française et membre de l’Académie des sciences de New-York.

Mon enfant, ma sœur, Songe à la douceur d’aller là-bas vivre ensemble !

Aimer à loisir, Aimer et mourir, Au pays qui te ressemble !

La beauté d’un paysage, d’un être humain ou d’une œuvre d’art prend possession de son spectateur ouvert et sans défense. Elle s’incarne en lui, comme si elle cherchait à s’éterniser dans son cerveau et le sculpte à son image, comme un écho. Véritable simulateur d’émotion, elle l’entraine dans des territoires inexplorés, l’aide à se connaître et à mieux comprendre les autres et le monde qui l’entoure. Ecouter une musique, admirer une peinture ou lire un livre aboutissent au même résultat : notre cerveau se comporte comme si la musique, un tableau ou les personnages d’un roman s’y étaient incrustés, c’est l’empathie esthétique, le ressenti de l’intérieur. Dans ce contexte c’est paradoxalement la pensée qui devient matière, le verbe qui se fait chair et non le cerveau qui fait de l’esprit. Nous ne percevons par les sens que l’apparence des choses. Ce qu’elles sont en elles-mêmes, leur intimité nous échappe sauf par l’empathie qui nous permet d’entrer en résonnance avec elles. Il ne s’agit pas d’un simple phénomène en miroir mais d’une véritable modification de nos circuits neuronaux par la beauté pouvant aboutir à des processus émergeants : le tout, c’est à dire l’œuvre, le spectateur et les liens tissés entre eux, étant bien plus que la somme des parties. Un effet thérapeutique est possible, parfois spectaculaire, une véritable renaissance qu’Aristote avant Freud appelait catharsis.

Jean-Marie Exbrayat, Directeur d’Etudes à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, Professeur à l’Université Catholique de Lyon, Directeur du Laboratoire de Biologie Générale, Faculté des Sciences- UCLy.

Clair Brun, Maître de Conférences, Laboratoire de la biologie générale, Faculté des Sciences- UCly.

Les effets de la musique sur les organismes et les cellules sont pris au sérieux par les scientifiques. Après quelques travaux précurseurs qui remontent à la fin des années 1980, ce sujet intéresse les biologistes depuis une dizaine d’années.

Des travaux très sérieux et relativement nombreux ont été effectués sur les effets des vibrations acoustiques sur la physiologie des végétaux. Il a été montré que l’exposition à des ondes sonores permettait une augmentation de la croissance et du développement des différentes parties des plantes. Cette sensibilité aux

sons se traduit par une modification de certaines activités métaboliques. Il est cependant important de noter que toutes les fréquences sonores n’induisent pas forcément les mêmes effets.

En biologie animale, certains travaux ont porté sur des cultures de cellules montrant un effet des sons et notamment des sons harmonieux sur la croissance cellulaire avec des modifications de la structure interne des cellules. Chez les organismes (pour qui les cellules sont en relation complexe avec les autres membres de la communauté cellulaire qui constitue l’organisme), plusieurs travaux montrent qu’il existe des effets au niveau du système immunitaire, du système hormonal, du système sanguin, trois systèmes indispensables au fonctionnement de l’organisme.

Des travaux ont également montré que la musique avait des effets positifs sur la croissance des bactéries et leur production de molécules.

Ces différents résultats sont en faveur d’une action bénéfique possible de la musique sur tous les organismes vivants. Cependant, de plus amples études sont encore nécessaires pour comprendre ces différents effets au niveau cellulaire.

Ecrivain –

Charles Juliet, romancier, nouvelliste, poète, dramaturge, dans son livre Lambeaux :

Ce besoin d’écrire – indissociable de ton besoin du vrai et de ta passion pour l’art- qui a structuré ton être et ta vie (…) Ces heures de ravissement, de plénitude, de calme et grave exultation passé à fréquenter les ouvres avec lesquelles tu aimais à dialoguer. Cette force grâce à laquelle, fût-ce au pire moment, tu n’as jamais baissé pavillon ;

Cette sorte de sixième sens qui t’a dirigé tout au long de ta traversée de la forêt et t’a permis de trouver la lumière.

Ainsi le bilan que tu dressais était-il franchement positif, et tout prouvait qu’en maintes circonstances, la vie n’avait jamais manqué de te prodiguer ses dons.

Tu sors de la forêt. Les brouillards se sont dissipés. Tes blessures se sont cicatrisées. Une force sereine t’habite. Sous ton œil renouvelé, le monde a revêtu d’émouvantes couleurs. Tu as la conviction que tu ne connaîtras plus l’ennui, ni le dégoût, ni la haine de soi, ni l’épuisement, ni la détresse. Certes, le doute est là mais tu n’as plus à le redouter. Car il a perdu le pouvoir de te démolir. D’arrêter ta main à l’instant où te vient le désir de prendre la plume. La parturition a duré de longues, d’interminables années mais tu as fini par naître et pu enfin donner ton adhésion à la vie. Depuis cette seconde naissance, tout ce à quoi tu aspirais mais qui te semblait à jamais interdit, s’est emparé de tes terres : la paix, la clarté, la confiance, la plénitude, une douceur humble et aimante. Parvenu désormais à proximité de la source, tu es apte à faire bon accueil au quotidien, à savourer l’instant, t’offrir à la rencontre. Et tu sais qu’en dépit des souffrances, des déceptions et des drames qu’elle charrie, tu sais maintenant de toutes les fibres de ton corps combien passionnante est la vie.

Remerciements aux partenaires

 Ces trois journées n’auraient pas été une réussite sans le concours et la confiance de nos différents partenaires et de toutes les personnes engagées dans ces travaux de recherche :

Nous remercions également nos partenaires de la communication et de la presse du Figaro, le Progrès, le Petit Bulletin, le Cercle Psy. Nous témoignons toute notre reconnaissance également à tous les artistes et chercheurs, les différentes associations et leurs membres pour la participation aux ateliers et les différents représentants pour leur accueil remarquable.

Nous remercions vivement :

Pénélope Octavio, pour les photos, Hélène Poté, Frédéric Ponsard et Eric Chevillard pour la couverture vidéo, les interviews, montages et diffusion, Charline Roguet, notre magnifique stagiaire, Xavier GOUGEON pour la page d’accueil « L’invitation à la beauté », la mise en lien de la billetterie et les étudiants d’Ameuso ainsi que toute l’équipe d’accueil.

Le grand et riche public pour avoir été nombreux à s’être déplacés pour ces invitations.

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Conférence à Vourles

Conférence de Laure MAYOUD, Jacqueline ESSIOMLEY et Armelle d’EYSSAUTIER aux « Lecture

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